Vivre de la photographie professionnelle de danse : un challenge !

Etant moi-même danseur et professeur de danse, la photographie dans cet environnement est l’une de mes spécialités. Vous trouverez sur ce site de nombreux clichés d’événements de danse dont souvent je suis le photographe officiel. C’est un sujet que je maîtrise suffisamment maintenant pour pouvoir vous en parler.

La réponse courte, serait hélas probablement : "non" ou alors "très difficilement" (je vous invite à cliquer sur l'image qui se trouve en bas de cet article). En fait, répondre à cette question est délicat car la réponse dépend de nombreux aspects. Bien évidemment, cela il y a le talent, le don, la sensibilité acquise. Mais pas uniquement...

On a beau avoir l’œil vif et aiguisé, s’il nous manque les autres compétences nécessaires au développement de l’activité, on n’arrivera à rien : Lorsque l’on devient professionnel, nous devons être un véritable chef d’entreprise. Savoir manager, éduquer, avoir les compétences commerciales, marketing, administratives… est obligatoire pour une réussite. Et quand je dis réussite, je parle de pouvoir en vivre. Tel n’importe quel autre métier. Car l’image du photographe en tant que profession n’est étrangement pas encore acquise dans toutes les têtes.

Il me semble que l’éducation fait partie des compétences les plus dures à avoir et à mettre en œuvre. Je parle de véhiculer au gens des valeurs afin qu’ils comprennent qu’être photographe n’est pas une lubie du dimanche, et que lorsque l’on prospecte, nous ne nous attendons pas à recevoir un billet pour le geste, par sympathie, pour symbole. Lorsque l’on organise un événement de danse (puisqu’ici il s’agit de ça), et que l’on veut lui donner une valeur grâce aux services d’un photographe (souvenirs, qualité, ambiance, publicité… font parties des retombées directement due à l’artiste engagé) il est important de ne pas prendre à la légère l’impact que l’on veut avoir dans le milieu ; c’est pourquoi ne pas engager n’importe qui peut avoir son importance.

Les pratiques qu’il m’a été donné de voir et qui sont contre-productive, autant pour le photographe et le métier de photographe que pour l’organisateur de l’évènement :

  • Le copinage ; à ce petit jeu, ce n'est pas ceux qui ont le plus de talent qui l'emporte forcement, mais peu importe. Le bouche à oreille fonctionne ainsi, et c’est une part importante dans le marché du photographe. Les amis, les amis des amis… finalement, cela vaut mieux qu’un chèque pour une pub dans un journal ! Ceci dit, réfléchissez : voulez-vous faire plaisir à votre ami, à l’ami de votre ami ? Ou voulez-vous des compétences certaines pour un résultat sans faille ? Vous êtes-vous, organisateur, penché sur le travail de votre connaissance ? Avez-vous évalué son potentiel ? Il me semble que la plupart des gens fait aveuglément confiance aux dires des potes… sans vérifier réellement ce qu’il vaut. L’ami sera forcément moins cher… mais tout le monde sait que le pas cher = moindre qualité non ? 
  • Les tarifs « barato » - bon marché – limite désobligeants quant à la profession : 

Un jour, un ami à moi m'a dit : "les gens donnent à la valeur de ton travail le prix que tu demandes". Et aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est vrai ! Si vous faites de grosses réductions ou que vous cassez le prix du marché, votre travail ne sera guère réellement reconnu et vous risquez même quelques déconvenues. Si vous acceptez quelque chose "exceptionnellement" ou pour certaines raisons gratuitement, les gens ne comprendront pas par la suite, bien qu'ayant été prévenus, que vous demandez quelque chose, même symboliquement ou plus. Vous vous coincez vous-même. 

Bien sûr, il faut avant tout se faire connaitre. A mes débuts, on a fait appel à moi gratuitement. J'étais heureux, l’on m'offrait un pass et je pouvais à moindre frais participer à un festival de grande notoriété. Je pouvais me faire connaitre, expérimenter, rencontrer du monde, des artistes dont j'étais fan, avoir de nouvelles opportunités qui pouvaient d'après ce qu'on me disait déboucher sur des contrats, des expos et j'en passe. De plus je trouvais normal de ne pas me faire rémunérer car ce n'était pas mon métier et je n'avais pas la prétention de devenir "professionnel". Bien qu'ayant fait des études artistiques, la photographie n'était pas ma spécialité et je le faisais simplement en mode découverte et expérimentations sans aucune prétention. Comme la plupart des personnes qui commencent ^^. C'est pourquoi, lorsque l'on m'a demandé de remplacer une personne qui s'occupait de faire des photos avec son appareil grand public, j'ai accepté. Il faut dire qu'à l'époque, la photographie dans ce milieu n'était guère « professionnalisée ». Mais depuis pas si longtemps que cela, l’on peut dire qu'il y a eu une grande évolution dans ce domaine.

Petit-à-petit, en parlant avec de "vrais" photographes, j'ai pris consciences de certaines choses (que je développerai au paragraphe suivant) et me suis remis en question. Il faut dire aussi que mon travail évoluait et qu'il s'était "professionnalisé" par respect pour les personnes faisant appel à moi et croyant en moi, et aussi pour les personnes que j'avais la chance de photographier. 

La première raison de mon changement de point de vue est, comme j'ai pu le dire, le fait que le milieu de la photographie en environnement de danse s'est fort heureusement professionnalisé et s'est beaucoup amélioré. Ce qui était vrai à l'époque l'est beaucoup moins à l'heure actuelle ou du moins pour les festivals renommés. Les organisateurs de ces festivals (hélas c'est encore loin d'être légion) comprennent de plus en plus l'importance de la photographie et par extension de la vidéo (comme je le disais plus haut, les VALEURS de leur propre festival !). 

Il fait partie de ces intervenants qui y laissent non seulement de l'énergie et du temps (que ce soit en amont ou en aval, le photographe ne travaille pas uniquement le jour J), mais aussi de l'argent par l'investissement matériel, de licences (car oui on ne pirate pas les logiciels ) et j'en passe. Comment voulez-vous qu'un photographe essaye de vivre de sa passion si n'importe quel photographe amateur ou pseudo-photographe ayant de l’argent à jeter par les fenêtres propose ses services gratuitement ? Cela est indéniablement le plus gros souci de cette profession ; il revient dans toutes les discussions avec les confrères, et empêche de nombreux photographes de pouvoir franchir le pas et de faire les démarches nécessaires (statut auto-entrepreneur, artiste photographe...) pour vivre de leur métier. 

Bien sûr, il est très tentant à l'organisateur d'accepter voire même de proposer ce genre de deal... Cela fait des économies non substantielles... Savez-vous que le prix d'une telle prestation peut-être facturée à environ 2000 euros (si ce n'est plus...) Vous trouvez cela cher ? Alors sachez que le boulot de l'artiste photographe ne consiste pas à simplement appuyer sur un déclencheur. Il doit préparer l’événement et une fois dessus il doit être réceptif à beaucoup de choses. Il ne profite pas ou guère de l’événement et doit jouer avec de nombreuses contraintes et se montrer à l'écoute dans des conditions parfois difficiles. Mais sachez qu'une fois cet événement fini, après déjà de nombreuses heures sur place, il y a tout le travail de post production qui intervient... Tout cela se chiffre en nombre d'heures importantes... Evidemment, vous pouvez faire diverses optimisations... Pour ma part, un événement de 3 jours porte sur environ 600 clichés retenus (afin de ne pas surcharger les albums), avec ma direction artistique, me donne environ une 50aines d'heures de travail... A cela il faut ajouter les investissements matériels, les frais de licences, de déplacement et j'en passe... Je ne compte même pas les frais liés à la diffusion (site web, réseaux sociaux...) Enfin, pour peu que vous ayez pu vous établir en tant qu'autoentrepreneur ou artiste photographe, vous devez payer les charges qui incombent à une société. Au final, même avec ce tarif, on n'est pas beaucoup plus que le taux du smic horaire... Et dans cette prestation, je ne parle que des photographies et non la prise de vidéos qui ajoute aussi une part très importante de travail et d'investissement.

Beaucoup de personnes ne s'imaginent pas tout le travail que le métier représente et il est important que les gens en prennent conscience, que vous aimiez ou non le travail du photographe, car ce dernier, n'en déplaise, est un artiste comme un autre. Evidemment, cela fait aussi partie de notre travail : l’EDUCATION ! Éduquer le public, le client, les autres photographes en herbe… Parler des valeurs, les nôtres, les vôtres… Parce que c’est ce que nous sommes : un ensemble de valeurs. Et nous devons voir si elles correspondent pour faire du bon travail avec le client / l’ami, le pote, l’ami de l’ami… Sinon cela ne peut pas bien fonctionner ! 

Alors que vous soyez "déclarés" ou non (comprenez-le que vous ayez un statut particulier ou que vous le fassiez à titre personnel), si vous souhaitez photographier ce genre d’événements, faites-vous payer. Car le photographe est un artiste à part entière, comme un professeur ou un DJ, qui contribuera à donner une image au festival et dont son travail et investissement ne se résument pas aux quelques heures présentes sur l’événement. Évitez au mieux de (trop) casser les prix du marché car vous ne rendrez pas service à cet Art et à cette profession. S'il y a un photographe officiel connu sur l’événement, demandez aussi l'autorisation au photographe officiel, car vous risquez d'entrer en interactions directes mais aussi indirectes avec lui sur de nombreux plans (économique, artistique, shooting) sans que forcement sur le moment vous ne vous en rendiez-compte. Pour ma part, quand je fais un shooting sur un événement dont je ne suis pas photographe officiel, mais dans un but personnel, je fais attention sur le nombre de clichés que je réalise ainsi que sur leur diffusion et j'essaye de ne pas entrer en interaction avec la personne qui a été engagée et qui en vit. 

En d'autres termes, soyez au maximum attentif aux valeurs que vous souhaitez véhiculer et à celles de la personne dont vous faites appel. Que vous soyez organisateurs, amateurs / passionnés, festivaliers prenez conscience de cela. Ainsi, nous pourrons vivre de notre passion et de notre métier, et votre image, vos aspirations et votre âme sera entre de meilleures mains. 

Je finirai cet article par une image qui finalement résume très bien cette problématique que beaucoup de photographes connaissent : 




Pour finir quelques liens sur ce sujet :

http://www.13-design.net/blog/2013/06/10-bonnes-raisons-de-ne-pas-payer-un-photographe/

http://www.liberation.fr/debats/2018/07/01/la-photographie-ne-s-est-jamais-si-bien-portee-les-photographes-jamais-si-mal_1663272

Exposition à La Maison De L'Amérique Latine

Pour bien commencer cette nouvelle année, je vous invite le jeudi 11 janvier au vernissage en l'honneur de mon exposition sur Cuba qui durera pendant tout le mois de janvier. Cette exposition aura lieu à Strasbourg, plus précisément à la Maison De l'Amérique Latine ( 7, rue de la Course 67000 Strasbourg) le mardi, mercredi, jeudi et vendredi à partir de 17h30. L'heure de fermeture dépend de la fréquentation, au plus tôt 21h30.

Retouches des photographies

Mon procédé sur les retouches a évolué au fil du temps. D'ailleurs vous pouvez le remarquer en voyageant au travers des clichés de ce site au fils des années (malgré sa recréation, j'essaye parfois de remettre d'anciens albums).

Comme je l'avais écris dans une interview de l'Association Salsa Loca ; initialement, je limitais la retouche au minimum afin de garder une certaine réalité au cliché. Réalité qui de toute manière n'était pas forcement toujours objective car elle dépendait des réglages de prise de vue, de la lumière et d'autres facteurs.

Petit à petit j'ai commencé à explorer ce nouvel aspect artistique et les nouvelles voies créatives que cela pouvait m'offrir. Cela a pu par moment surprendre... Comme on dit, les goûts et les couleurs... Et toutes nouveautés ou changements cela déstabilise autrui. Mais pour moi cela fait aussi pleinement partie de mon travail artistique dans ce domaine ainsi que du cliché.

Nouveau site internet !

Comme vous avez pu vous en apercevoir, le site était tombé en rade fin de l'été. Hélas malgré tous mes efforts je n'ai pu le réparer et j'ai dû me résoudre à en refaire un autre.

Actuellement, 60% des clichés de l'ancien site ont été remis. Je ne sais pas si je remettrai tout, surtout que j'ai du mal à faire le tri dans les clichés. Peut-être vais-je en profiter pour élaguer un peu tout cela ;-) Quoiqu'il en soit, il reste encore du boulot mais le plus dur est derrière.

J'ai également profité pour modifier un peu la navigation dans le site et ajouter quelques fonctionnalités.

N'hésitez pas à laisser des commentaires sur les clichés afin de faire vivre ce site et aussi de m'encourager à continuer de publier des clichés ou de faire des expérimentations.

Une autre grosse nouveauté : notamment pour les mariages mais aussi les autres événements, la prise de vue aérienne (photographie et vidéo avec du matériel professionnel).

De plus, toujours dans le but de vous proposer des prestations originales, je peux aussi réaliser des clichés mais surtout des vidéos en 360°, idéales pour s’immerger encore plus dans l'action ou l’événement (possibilité après d'utiliser un casque virtuel ou simplement les fonctionnalités des sites comme par exemple de Facebook ou Youtube qui gèrent le 360°. ). Pour plus d'informations, merci de me contacter.

N'hésitez pas à me faire des retours afin que je puisse continuer d'améliorer ce site et mon travail.

Je vous souhaite une belle visite sur ce nouveau site.

Florent.

La Danse

Difficile de lier deux arts pourtant complémentaires, à la fois proche mais aussi éloignés : celui de la danse et celui de la photographie. Les conditions lumineuses difficiles, les danseurs en mouvements très rapide, le faible recul disponible, le non contrôle du sujet et les expressions de concentration ou d'efforts loin d'être photogéniques, représentent pour moi un bel exercice de photographie. C'est la raison pour laquelle vous verrez beaucoup de clichés dans cet environnement.  

Une Vi(e)sion

Faire un beau cliché, ce n'est pas seulement montrer quelqu'un. C'est essayer de toucher le ressenti d'une personne. Dépasser le superficiel pour faire entrevoir, suggérer un sentiment ou une émotion.

Actualités



Depuis 2017 :
  • Expositions
  • Photographies aériennes, immobilière
  • Vidéos virtuelles en 360°
Depuis 2016 :
Depuis 2014 : Photographe officiel d'Urban Casino

2014 : Photographe officiel de l'Euro Escrime 2014

Depuis 2013 : Photographe officiel de Sals'Heroes

Depuis 2012 : Photographe officiel de l'association Passions Partagées


Roman-photo SauceCubaine

J'aime beaucoup mettre des commentaires afin de détourner les clichés. J'ai eu ainsi l'idée de créer une galerie spéciale de détournements de clichés. Les situations décrites sont volontairement sorties de leur contexte et poussées dans l'absurde. Evidemment, le langage utilisé ainsi que la trame sont très éloignées de la réalité des cours. Comme j'utilise les clichés du cours, Alex est donc le personnage principal.

J'ai donc commencé par créer un roman photo en utilisant les clichés que j'avais pris des cours de danse de SauceCubaine. En effet, j'avais fais suffisamment de clichés pour pouvoir raconter des histoires. ;-).

Cependant je me suis fixé des contraintes :

Roman-photo Urban Casino

Il me semblait important de créer aussi une planche en rapport avec mes propres cours de danse que je peux dispenser chez Urban Casino.

A la différence du projet de SauceCubaine, je n'avais que très peu de photographies pour les cours d'Urban Casino. En effet, difficile de tenir en même temps le rôle du professeur et du photographe !

La contrainte de ce projet était donc d'arriver a réaliser une planche avec le peu de clichés que j'avais...

Et voilà ce que cela a donné :



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